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mardi 28 octobre 2008

Occultation d’Encelade par Dioné

Voici Dioné (1.123 km de Ø) qui occulte partiellement Encelade (504 km de Ø). Ce type de cliché est très intéressant pour les scientifiques car il permet d’observer plusieurs lunes avec le même angle d’incidence des rayons solaires, et d’apprécier ainsi la différence d’albédo de chaque protagonistes.

L'albédo est le rapport du rayonnement électromagnétique solaire réfléchi par une surface sur l’ensemble du rayonnement reçu par celle-ci. Il est noté de 0 à 1, 0 correspondant à une réflexion nulle (corps noir) et 1 à une totale réflexion (miroir parfait).

Encelade a un albédo record de 0,93, un cas dans le système solaire (Ndr, les planètes gazeuses ont un albédo plus élevé que leurs cousines telluriques), Dioné 0,6 et Saturne 0,47. A titre de comparaison, la Terre à un albédo moyen de 0,367, la Lune 0,12, Jupiter 0,52, Mars 0,15 ; la surface d’un lac 0,03, du sable 0,35, de la neige fraîche jusqu’à 0,9.

Cliché pris par Cassini le 13 septembre dernier dans le visible, à 877.000 km de Dioné et 1.2 millions de km d’Encelade. La résolution atteint 5 km sur Dioné et 7 km sur Encelade.

Source NASA/JPL

vendredi 17 octobre 2008

Le spectre électromagnétique

En virant de bord vers Fred O Fenua depuis le blog d’Olivier, Sammy avoue ne rien comprendre à la citation « centré à 304 Å (1 Å = 10-10 m), cette longueur d'onde met en évidence l’émission de l’hélium ionisé à 60.000 °C. » du billet Zoom sur une protubérance solaire, et je pense qu’il n’est pas le seul … J’ai donc décidé de lui (vous) répondre dans un billet à part entière, tant le sujet est utile pour la compréhension de certains articles ; oui j’aurais pu le faire plus tôt ! lool Alors pour essayer de faire simple, très simple.
Le spectre électromagnétique est la décomposition du rayonnement électromagnétique, classé par fréquence (f en Hz) ou longueur d’onde (λ en mètre), ces deux grandeurs étant liées par l’équation c = f λ (c = célérité (vitesse) de la lumière, soit 299 792 458 m/s dans le vide). Plus la fréquence d’un signal électromagnétique est élevée, plus sa longueur d’onde est courte. Les signaux de hautes fréquences sont très énergétiques et généralement classés non plus par fréquence ou longueur d’onde mais par niveau d’énergie (eV, électronvolt).
Nous disposons naturellement de deux capteurs électromagnétiques : nos yeux qui captent la lumière qui se décompose en couleur du rouge vers le violet sur des fréquences d’environs 370 à 780 Tera Hz (mille milliards de Hertz), soit entre 700 et 400 nm (milliardième de mètre ; longueur d’onde nanométrique), et notre peau (rayonnement, chaleur).
En terme de fréquence, on trouve dans l’ordre croissant (donc décroissant en terme de longueur d’onde): les ondes radios, les micros ondes, le rayonnement infrarouge, le visible, l’ultraviolet, les rayons X et les rayons gamma :
Le spectre électromagnétique - Cliquez pour agrandir
On parle parfois de « proche infrarouge » : longueur d’onde infrarouge proche du visible, ou inversement « d’infrarouge lointain » : longueur d’onde infrarouge éloignée du visible. Idem pour l’ultraviolet.
Quand on veut étudier certains objets ou phénomènes, il faut donc les observer sur la longueur d’onde adéquate ; ou, on regarde les objets différemment suivant ce qu’on veut « voir ». Par exemple, si on veut étudier la répartition de la chaleur d’un corps, il faut l’observer en infrarouge ; le rayonnement d’un élément radioactif en rayon gamma ; les caractéristiques de la surface des étoiles en ultraviolet etc etc.
Chaque atome ou molécule présent dans une étoile émet ou absorbe des ondes électromagnétiques, sur des longueurs d’onde bien précises. Des raies apparaissent alors dans le spectre de l’étoile : on les appelle raies spectrales. Plus simplement, la présence d’un élément est trahie par les raies qu’il génère dans le spectre de l’étoile ; ou encore, lorsqu’on veut observer les réactions chimiques de tel élément il faut regarder sur telle longueur d’onde.
Raies du Césium
Donc dans ce cas précis, l’hélium ionisé par le rayonnement solaire atteint la température de 60.000 °C et émet sur la longueur d’onde 304 Å, donc dans l’ultraviolet lointain.
Voili voilou, j’ai essayé de faire simple en prenant, volontairement, quelques raccourcis. J’espère cependant que vous y voyez un peu plus clair ; c’est le cas de le dire !! Vous comprendrez qu’il n’est pas toujours facile d’expliquer simplement des faits, situations ou définitions (très) complexes de nature !
Pour en savoir plus Wikipédia

mercredi 2 avril 2008

Le plus petit trou noir jamais détecté

Les trous noirs sont les astres les plus denses de l’Univers. Leur densité est telle qu’aucune matière ou rayonnement piégé par leur force gravitationnelle* ne peut s’en échapper, y compris la lumière. On ne peut donc pas les observer directement, leurs présences est mise en évidence grâce aux intenses perturbations qu’ils génèrent autour d’eux. On connaît les trous noirs stellaires issus du déclin des étoiles**, les super massifs, présent au cœur des galaxies et on soupçonne l’existence de trous noirs de « masses intermédiaires ».

Leurs masses oscillent de plusieurs dizaines de masses solaires (Ms) pour les stellaires à quelques milliards de Ms pour les super massifs, pour des diamètres de quelques dizaines ou centaines de km. Des scientifiques de la Nasa viennent de mettre en évidence un trou noir d’une masse équivalente à « seulement » 3,8 Ms, ce qui en fait le trou noir le plus « léger » jamais détecté ! Les équations d’Einstein montrent qu’il doit avoir un diamètre d’une vingtaine de km, c’est donc l’objet le plus petit connu dans l’Univers hors du système solaire.

Ce trou noir fait partie d’un système binaire de la Voie Lactée (étoile + trou noir) situé dans la constellation Ara. Le système, XTE J1650, a détecté en 2001, mais l’étude approfondie du trou noir n’avait jamais été effectuée.

Cette découverte vient renforcer la théorie selon laquelle la « frontière » entre étoile à neutrons** et trou noir se situe entre 1,7 et 2,7 Ms. De plus, connaître précisément cette limite est important en physique fondamentale car elle renseigne sur le comportement de la matière dans les environnements ultra denses.

Source Nasa

* Les trous noirs exercent les mêmes forces gravitationnelles qu’un astre de même masse. Ils disposent cependant d’un « horizon », sorte de limite de non retour.

** Pour faire simple, très simple : le cœur d’une étoile est un réacteur nucléaire qui fonctionne sur le principe de la fusion, quand il a épuisé son carburant, il s’éteint et ne peut plus maintenir sa cohésion. Sous l’effet de sa propre gravité, il s’effondre sur lui-même. Par réaction, ou rebond, l’onde de choc éjecte les couches supérieures de l’étoiles dans l’espace. Le noyau résiduel forme alors un corps compact qui devient, suivant la masse initiale du cœur :

  • Une naine blanche pour les plus légers : un corps inerte et « froid » (Cas du Soleil)
  • Une étoile à neutrons pour les cœurs jusqu’à environs 2 Ms : un corps chaud et très dense essentiellement composé de neutrons. Certaines sont animées d’une vitesse de rotation phénoménale, tournant sur elle-même plusieurs centaines de fois par secondes en émettant d’intenses rayonnements électromagnétiques : les pulsars
  • Un trou noir stellaire pour les cœurs au-delà de 3 Ms

mardi 9 octobre 2007

Mon avatar

On me demande souvent : « oh une planète bleue ?», « c’est une planète bleue qui explose ? », « Qu’est ce que c’est ? »


C’est tout simplement le Soleil, vu (par Soho) dans les longueurs d’ondes de l’ultra violet (plus précisément à la longueur d'onde de 171Å (1Å=10ex-10 mètre), et pour les branchés cela correspond à la ionisation du fer à environs 1 millions de °C).

Pourquoi le Soleil ? Simplement parce que c’est notre étoile, notre équilibre, notre régulateur, notre mère originelle …

Pourquoi en ultra violet ? Parce que sous ces longueurs d’ondes, la colorisation artificielle employée sur le Soleil est le bleu, ma couleur, comme un océan, un ciel …

Voilà, vous savez tout ! ou presque … ;o)